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Les rimes de Keskim Foulat

Le virus Sarkozy

Ils règnent sur nos villes, sont de la même clique,
Se vautrent sur les trônes, cela depuis des lustres.
C’est clair nos roitelets, consanguins politiques,
Nous traitent comme des sujets, aussi comme des rustres.

Aux deux rives de la Marne, que l’on soit à tribord
Pour aider l’opprimé, réconforter le hère,
Ou bien que l’on résiste, très fort sur l’autre bord
On se trouve embarqué toujours sur une galère.
 
A Charenton, au bois, on ne crie plus au loup
Mais la chasse est ouverte, Brétillon l’a fait sienne.
L’escopette en berne, il tire nombre de coups,
A contre-emploi sur les péripatéticiennes.

A Saint-Maurice, pour sûr, y a pas de malheureux.
Pour l’agité Cambon, avoir la fibre sociale,
C’est l’exil assuré. Aider les miséreux
Quand on est une élue, pour lui c’est anormal.
 
Parmi les communaux, lorsqu’un syndicaliste
Près de Maisons-Alfort, montre un peu ses quenottes,
L’autocrate Herbillon, comme à un terroriste,
Alerte ses cerbères qui lui passent les menottes.

Nos tristes sires accablent ceux qui osent assister,
Tous les traîne-misère, les férus du zizi.
Trois histoires qui montrent, qu’ils l’ont bien contracté
Congénitalement, le virus Sarkozy.

Le Maire et les commerçants

Triste confirmation d'un pouvoir solitaire.
Dans cette pauvre histoire, la décision d'un Maire,
Et du FN unis, incitent, qui l'eut cru,
De braves commerçants à descendre dans la rue.

Un Maire à Alfort, lassé de retrouver
Un marché populaire aux portes de sa cité,
Décida de son chef qu'il en serait fini
Des quidams basanés qu'on voit tous les lundis.
Pour la population, qu'il soit une aventure
De chercher sa pitance, le Maire n'en a cure.
De sa plus belle plume auprès de la police,
Il demande un appui, redoutant des sévices
Car pour un commerçant, qu'un Maire libéral
Vous prive d'un emploi, ça ce n'est pas banal.
- Agir en va-t-en guerre ? Loin de nous cette idée.
Mieux vaut la médiation, allons voir le Préfet ?
Alors, les expulsés montrent que hors-la-loi,
La suite le dira, ne sont pas ceux qu'on croit.
Quand le Département " appelle l'attention ",
En mots diplomatiques, c'est tout comme un sermon.
Pour fermer un marché, avant faut discuter.
Le Maire pris en défaut doit donc s'exécuter.
L'assemblée ci nommée Conseil Municipal,
Réunie un beau soir, confirma tout le mal
Quand au moment du choix, on retrouva sans peine
L'union de gens dits biens et le front de la haine.
Pour la gauche plurielle, c'est la consternation
On supprime le marché, bien qu'elle ait voté non.
Privés de leur emploi, ignorés par le Maire,
Voilà des commerçants en lutte hebdomadaire
Car garder les lundis, l'étal à la maison,
C'est libérer du temps de manifestation.

 - Ici l'Etat c'est moi ! Clamait le roi Soleil.
Le Maire de notre cité veut faire tout pareil.
D'abord prince de Nectoux, maintenant député,
Sa tête, à tant enfler, se croit " emperruquée ".
Il ne tient plus qu'à vous, gens de Maisons-Alfort,
Que ce prince qui arrive, soit le prince qu'on sort.

Le vieux et les prétendants

Aux rives de la Marne, trois grandes éminences
Régnaient sur leurs sujets en toute insouciance.
Cambon et Herbillon, chacun dans sa cité,
Le vieux Griotteray en sus Maire-Député.
Une douce quiétude qu’avec le droit d’aînesse
On doit faire durer au moins jusqu’à la messe.
C’est ce que dû penser l’aïeul en tout honneur :
- Qu’ils me laissent en paix, bientôt viendra leur heure ?
A cela rien à dire. Issus du même parti,
Tout était réuni pour qu’ils deviennent amis.
D’autant que le doyen, sous ses ailes protectrices
Couva les gringalets, lorsqu’ils étaient novices.
De plus quelques faits d’armes, dans la dernière guerre
Lui valurent l’estime, même si on exagère.
Son idéologie, son seul panache blanc
Fut à n’en pas douter, sa haine de l’Allemand.
Car faire le coup de feu, dans les années quarante
Les yeux doux à Le Pen, dans les années nonante
Est au premier abord, manque de maturité
Ou bien c’est sur le tard, signe de sénilité.

Pourtant bien inégales, les parts, pour ces trois bêtes,
N’en composaient pas moins, un fromage pour trois têtes.
Alfort et Saint-Maurice puis Charenton le Pont
Les Conseil Général, Région, circonscription,
Tous pouvaient s’empiffrer, atteindre l’overdose.
Le vieux gardait le mieux, les autres avaient leur dose.

Mais les ailes bienfaitrices couvaient un rejeton
Qui, de toute l’instruction, retint la trahison.
Pour gagner les faveurs, il s’était tant blotti,
Qu’à force de frottement, il fut tout dégarni.
Pour sûr c’est l’esthétique, c’est pour rester mignon
Qu’un jour il enjamba, en mai, le rubicon,
Car baver trop longtemps devant un os à moelle
Risquait sur le caillou de le laisser sans poil.
L’autre moins querelleur ou bien moins envieux
Resta à Saint-Maurice, mais avec ses cheveux.

La bataille eut lieu pour la circonscription
Le Judas déplumé, qui a plus de maisons,
Après de vifs échanges et force noms d’oiseaux
En toute arithmétique, emporta le morceau.
Mais de lui et du vieux, sur l’idéologie
Sauf le système pileux, on dirait des sosies.

Oh, vous les pygmalions ! Oh, vous les bons apôtres !
Qui cherchez à aider, à faire le bien des autres
Exercez vos talents et votre rhétorique,
Mais de grâce morbleu, laissez la politique.
Quant à ceux qui s’obstinent, pour la fidélité,
Le seul mètre étalon est la pilosité.

Les trois autocrates

Pour les trois autocrates qui gèrent nos cités,
Il est un exercice, un passage obligé :
C’est dresser un bilan à la mi-mandature,
Une occasion pour eux de prendre la posture.

Ils passent en revue, même si parfois on ment,
Tout ce qui contribue à l’embellissement.
Leur seule vérité, c’est de couvrir d’un voile,
Ce qui doit être la substantifique moelle.
Face à leurs électeurs, ils s’auto-congratulent
Déploient leurs biscotos, enflent comme des hercules.
Ils étalent à la une quelques futilités,
Qu’ils érigent en modèle d’efficacité,
Et en illusionnistes, ils arborent une main,
Mais de l’autre escamotent les sous d’un tour de main.

Vivre près d’un grand bois de nos jours se mérite,
Mais quelques uns voudraient y dresser des guérites.
A Charenton le Pont, le pâle Brétillon,
Dans le bois de Vincennes, chasse les sauvageons.
Interdire à Reuilly quelques festivités
Est sa quête du Graal, c’est sa célébrité.
Ce cerbère efflanqué court après les donzelles
Pour les mettre au piquet, pas pour la bagatelle.
Ces déesses de l’amour, au moins pour les novices,
Sont plus utiles au vert qu’à Fleury-Mérogis.

La suractivité d’un jeune sénateur
Exige au bercail sommeil réparateur.
Epier ses sujets grâce à la vidéo,
Garantit à Cambon quiétude dans son dodo.
Mais si furtivement une insomnie s’installe
Qu’une panne survient sur la couche et qu’il cale
Il pourra visionner les enregistrements
Pour pallier ses absences dues au relâchement.

A Alfort des notables, comble de l’infamie,
S’adonnent au délit et à la calomnie,
Tels de vils négriers oppriment leurs employés
Ou diffament certains de leurs administrés.
Par leur ténacité de modestes manants,
De braves maisonnais pour sûr entreprenants,
Se disent d’Herbillon, que faire le couillon
Pourrait bien lui valoir de prendre le bouillon.
Le monarque d’Alfort doit être bien fâché
Qu’elle soit démodée la lettre de cachet.